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    C'est le 17 octobre 2004, en la fête de la stigmatisation de saint François, que fr Benoît, fr Cyrille et fr Joseph sont arrivés sur la colline où vivent aujourd'hui six frères, puisque deux ans plus tard les rejoignait fr Pascal, et que désormais deux jeunes Congolais ont commencé leur parcours de formation dans la vie religieuse : fr Roger et fr Jerry. Notre lieu de vie s'appelle « La Portioncule » en référence au premier lieu de vie de saint François et de ses frères à Assise.


    Vivre, pour les habitants de notre quartier -situé à 6 km de Kikwit- est chaque jour un défi, qu’ils relèvent avec un courage admirable. Sans eau ni électricité, la vie est ramenée à l’essentiel : puiser l’eau à la source, aller chercher une braise encore rougeoyante chez le voisin, cultiver une parcelle de terre pour nourrir la famille… et prier pour qu'aucun accident de parcours ne vienne bousculer ce fragile équilibre. Dans ce contexte, nous aussi sommes souvent ramenés à l'essentiel de notre vocation : une présence de prière et de compassion. Si elle pouvait parler, notre paillote d'accueil en dirait long sur les souffrances physiques et morales que les personnes viennent confier, sur les demandes d'aide urgente qu'il faut apporter, sur la joie des jeunes qui viennent approfondir leur vie de foi, et sur les jeux des enfants. Mais elle se tait… et c’est à nous de relayer ce que nos yeux ont vu, ce que nos mains ont touché du Verbe de Vie à travers toutes ces situations. Jour après jour, nous sommes ainsi convoqués par le Seigneur à ouvrir plus grand les portes de notre cœur.


    Pour le reste, notre vie se calque sur celle de la maison mère en Belgique : prière, travail manuel, vie fraternelle et évangélisation. Cependant, comme nous le demandons chaque soir dans la prière au maître de la moisson, il nous faut répondre aux appels de notre temps et de notre Église, dont les défis sont bien différents de ceux dont nous sommes coutumiers en Europe. Ici, les priorités sont par exemple : de trouver des ressources pour une maman qui ne peut scolariser ses enfants, de prendre en charge les soins d'un grand malade qui n'a pas les moyens de se faire soigner, d'écouter et apaiser des gens qui se sentent victimes de sorcellerie, de procurer un travail rémunéré à des journaliers dans notre concession, etc. Et ce travail -dit d' « inculturation » de l'évangile- n'en est pour nous qu'à ses débuts. Sans compter tout ce que nous avons reçu et recevront encore de la manière de voir et de vivre la foi de ceux qui nous accueillent. Un vieux missionnaire disait qu'il faut au moins cinquante ans pour faire une fondation… nous n'en sommes donc qu'au premier quart ! Et avant de penser aux grandes moissons, il nous faut devenir le grain qui meurt…

    Le travail ? Il n'a jamais manqué et est encore très abondant. À notre arrivée, tout était encore à construire (ou presque). Aujourd'hui, quelques jolis bâtiments en briques cuites (fabriquées localement) ont poussé, mettant à contribution les talents de chaque frère. On peut dire que c'est assez réussi. Il y a une beauté simple qui témoigne par elle-même de la présence de Dieu. Ainsi, un chauffeur de taxi-moto qui travaille souvent pour et avec nous, aime venir en avance pour se reposer à la paillote, « car, me disait-il, ici c'est beau et il y a la paix ». Nous réalisons également un gros travail de plantation et de reboisement. Et ce qui était une savane de plus en plus désertique redevient peu à peu une véritable forêt. Le jardin potager nous fournit des légumes presque en suffisance pour nous, tandis que nos champs produisent manioc et maïs, arachides et haricots en surabondance, grâce à une culture avec assolement réfléchi, et au travail de fr Roger et des équipes de journaliers qui viennent régulièrement lui prêter main forte. Nous élevons une trentaine de moutons et récoltons saisonnièrement des mangues, des avocats, des papayes, des bananes, etc.


    Ce travail n'empêche évidemment pas la mission, même s'il faut reconnaître que la simple vie quotidienne demande un investissement considérable. La mission commence dans la rencontre avec nos voisins, les travailleurs, les enfants (toujours très présents ici) et pour qui nous organisons des activités deux après-midi par semaine. Un pan important de la mission réside aussi dans les temps de formation pour des jeunes chrétiens faisant partie des groupes de prière, ainsi que pour de jeunes aspirant à la vie consacrée. Mais, comme vous l'avez lu précédemment, la mission, c'est aussi -et surtout- la compassion, la présence aux pauvres et aux malades.
    Les besoins sont immenses. Et la tentation est grande parfois de vouloir endosser le rôle d'administrateur d'une grande ONG, qui ferait beaucoup de bien. Mais telle n'est pas notre vocation. Nous cherchons simplement à faire le bien qui est à notre portée. À l'image de Celui qui nous a appelés, nous voudrions faire du bien là où nous sommes, et être des petits frères témoins de l'amour de prédilection du Père pour ces « tout petits » qui nous entourent.


UN ZOOM SUR NOTRE FRATERNITE